La France Napoléonienne
cherche à tirer du sucre d'une plante européenne. De nombreux Savants se penchent sur
les expériences de Margraff. En 1800, Chaptal annonce la divulgation d'essais décisifs
sur la betterave. Mais en 1808, Parmentier préconise l'extraction de sucre de raisin (une
sorte de sirop épais) qui est alors d'un engouement extraordinaire mais de courte durée. Cependant, la lutte Franco-Anglaise s'aggrave. Napoléon
institue le blocus continental (21 novembre 1906) qui ferme au commerce de l'Angleterre
tous les ports du continent. Les îles françaises sont aux mains des Anglais.
 Napoléon fait ensemencer,
dès 1811, 32 000 hectares de betteraves et ouvre des crédits à l'Académie des
sciences. Benjamin Délectait réussit le premier à clarifier le sucre de betterave.
Immédiatement, prévenu par Chaptal, Napoléon se rend à Passy, le 2 janvier 1812, pour
visiter la fabrique de Delessert. Enthousiasmé, l'Empereur décroche sa propre Légion
d'honneur pour le décorer.
A la fin de l'empire, plus de 200 sucreries sont en activité
et produisent au total 2 à 3 000 tonnes de sucre au prix de 2,50 francs le kilo. Mais à
la chute de l'empire (1814), le sucre des colonies, dont les stocks se sont accumulés,
arrive en masse dans les ports français et le sucre métropolitain, en l'espace de
quelques jours, perd 75% de sa valeur. Un grand nombre d'usines ruinées doivent fermer
leurs portes.
Après une brève période de récession, l'industrie
sucrière poursuit son développement. En 1838, la France compte 585 sucreries réparties
dans 44 départements (80% dans les départements du Nord).
En 1843, le gouvernement, à la requête des planteurs
coloniaux et des armateurs, dépose un projet de loi visant à interdire la fabrication du
sucre de betterave, cette mesure est repoussée par la chambre des Députés à une faible
majorité.
Du fait de l'abolition de l'esclavage, au milieu du 19ème
siècle, le prix de la canne-à-sucre augmente, ce qui permet à la betterave de retrouver
un essor.
 En 1875, la France produit 450 000 tonnes de sucre. Elle est
le premier producteur européen, suivi de l'Allemagne.
|